Salaire d’un vendeur automobile au Canada en 2026
Entre revenus de concession et statistiques du commerce de détail, l’écart est grand. Voici comment lire la rémunération d’un vendeur automobile au Canada, de la commission au salaire minimum, avant de comparer deux offres.
2hr Technology — Équipe éditoriale
Équipe éditoriale
Combien peut-on raisonnablement espérer gagner en vendant des automobiles au Canada en 2026? Pour répondre, Canada Motor Jobs distingue les revenus mesurés en concession, les statistiques générales du commerce de détail et les conditions du plan de rémunération. Car un potentiel de commissions ne se compare pas directement à un salaire garanti.
Quel salaire annuel retenir en 2026?
Un repère directement lié aux concessions vient de la Corporation des associations de détaillants d’automobiles (CADA). Son Étude nationale sur la main-d’œuvre 2026 établit la rémunération annuelle médiane des conseillers en vente à 96 506 $, contre une moyenne de 109 176 $, pour l’année 2025. L’étude repose sur les données de paie de 629 concessions participantes, tous postes confondus. Il s’agit donc de revenus antérieurs à 2026, et non d’une prévision salariale.
La différence entre moyenne et médiane compte : la moyenne est davantage influencée par les rémunérations élevées. Dans l’étude, les seuils des quartiles encadrant la moitié centrale des conseillers en vente sont de 70 721 $ et 130 411 $. Ce ne sont ni un salaire d’entrée ni un plafond. Autre constat : la moyenne et la médiane ont toutes deux reculé de 8 % entre 2023 et 2025, selon les variations publiées par la CADA.
Ces résultats constituent un point de comparaison sectoriel, pas une promesse individuelle. Au 4 novembre 2026, l’année n’est d’ailleurs pas terminée : il faut éviter de présenter les revenus de 2025 comme un bilan annuel de 2026.
Pourquoi les statistiques officielles semblent-elles si basses?
Une recherche sur le salaire d’un vendeur automobile peut faire apparaître des montants horaires beaucoup plus modestes. L’explication commence par la classification utilisée. Dans la CNP 2021 de Statistique Canada, les vendeurs automobiles appartiennent au groupe 64100, qui englobe aussi les vendeurs de vêtements, de mobilier et plusieurs autres professions du commerce de détail.
Le Guichet-Emplois affiche ainsi une médiane de 17,31 $ l’heure au Canada et de 17,00 $ au Québec, pour une période de référence 2023-2024. Les salaires ont été mis à jour le 19 novembre 2025. Ces chiffres concernent le groupe professionnel élargi : ils ne permettent pas d’isoler la rémunération des conseillers automobiles en concession.
Il serait donc trompeur de multiplier ces taux par une année de travail pour annoncer « le salaire annuel d’un vendeur automobile ». Les deux sources éclairent des populations différentes. Pour comparer un poste précis, privilégiez un repère sectoriel, puis demandez les résultats de l’établissement qui recrute.
Salaire fixe, commissions : ce qu’il faut comprendre
Le premier point à clarifier n’est pas le montant maximal annoncé, mais la structure de la paie. Le gouvernement de la Colombie-Britannique, dans sa fiche mise à jour le 1er juin 2026, distingue notamment la rémunération entièrement à commission de celle combinant salaire et incitatifs. Il précise aussi qu’une avance sur commissions n’est pas nécessairement un salaire fixe auquel les commissions s’ajoutent.
Avant d’accepter, demandez si la commission dépend du nombre de véhicules livrés, du prix de vente ou d’une marge définie par l’employeur. Faites préciser les conditions des bonis et le traitement des ventes partagées entre collègues. L’objectif est de pouvoir refaire vous-même le calcul d’une paie.
Le moment du versement mérite autant d’attention. En Colombie-Britannique, la fiche gouvernementale indique que le contrat détermine quand une commission est gagnée : cela peut être à la livraison du produit plutôt qu’à la signature. Une bonne semaine de signatures ne signifie donc pas nécessairement une bonne paie immédiate.
Demandez enfin une simulation écrite correspondant à un mois faible, à un mois courant et à un mois fort. C’est plus utile, pour évaluer votre budget, qu’un seul scénario de performance exceptionnelle.
Au Québec, la commission n’efface pas le salaire minimum
Au Québec, le taux général du salaire minimum est de 16,60 $ l’heure depuis le 1er mai 2026. La CNESST rappelle que les travailleurs rémunérés à commission doivent recevoir au moins l’équivalent du salaire minimum pour leur travail. Dans son exemple propre à la vente automobile, cette vérification est effectuée sur quatre semaines.
Pour illustrer le calcul, la CNESST utilise un vendeur travaillant 40 heures par semaine. Au taux actuel, le minimum correspondant est de 664 $ par semaine, soit 2 656 $ pour quatre semaines. Si ses commissions sont insuffisantes, l’employeur doit combler l’écart applicable. Ce montant constitue une protection minimale, pas une estimation du revenu habituel dans le métier.
Attention toutefois aux comparaisons entre provinces. En Colombie-Britannique, les vendeurs d’automobiles visés par les dispositions particulières sont exclus des exigences légales concernant les heures supplémentaires. Il ne faut donc pas présumer qu’une longue semaine entraîne partout la même majoration de salaire.
Pour chaque poste, faites confirmer les heures attendues, les règles applicables et la façon dont elles apparaîtront sur votre bulletin de paie.
Comment comparer deux propositions d’emploi
Pour comparer deux propositions, la question de départ est simple : quel revenu est documenté et dans quelles conditions peut-il être obtenu? Demandez la rémunération médiane de l’équipe, la période couverte et le nombre de personnes incluses. Faites distinguer les employés présents toute l’année des nouvelles recrues.
Si vous débutez, concentrez la discussion sur la période de formation : quelle somme est garantie, pendant combien de temps et avec quel accompagnement? Pour un candidat expérimenté, demandez plutôt comment seront attribués les contacts clients, les rendez-vous et les ventes partagées.
Élargissez ensuite la comparaison aux assurances, aux vacances, au régime de retraite, aux horaires et aux frais professionnels. Demandez une confirmation écrite de chaque avantage important, plutôt que de lui attribuer une valeur approximative.
Un changement de province peut aussi nécessiter des démarches. En Ontario, le processus publié par l’OMVIC, consulté en 2026, comprend notamment une demande d’inscription et un cours de certification payant. Les frais du cours sont distincts des frais d’inscription. Faites préciser qui assumera ces dépenses avant de vous engager.
Pour comparer des postes en concession, parcourez les offres d’emploi de Canada Motor Jobs ou les postes au Québec sur Emplois Auto Québec. Pour situer la rémunération dans le métier voisin, consultez notre analyse sur le métier et les salaires de mécanicien automobile.