Attirer la génération Z dans les métiers automobiles
Rémunération transparente, formation, mentorat : comment les employeurs du secteur automobile au Canada peuvent attirer la génération Z et la fidéliser.
2HR Technologies — Équipe éditoriale
Équipe éditoriale
Pour intéresser la génération Z aux métiers automobiles, une vidéo d’atelier ne suffit pas. Il faut montrer ce qu’on y apprend, expliquer comment on y gagne sa vie et tenir ses engagements dès l’embauche. Au Canada, le recrutement de la relève mérite moins de clichés générationnels et davantage de réponses concrètes.
Partir du métier, pas des clichés
Faut-il parler de technologie, d’environnement ou de conciliation travail-vie personnelle? Avant de choisir un argument, mieux vaut demander aux jeunes candidats ce qu’ils cherchent. La génération Z n’est pas un profil de personnalité. Une personne qui découvre la carrosserie au secondaire n’a pas nécessairement les mêmes préoccupations qu’une autre déjà engagée dans un apprentissage.
L’intérêt pour les métiers spécialisés ne peut d’ailleurs pas être réduit à un problème d’image. Selon Statistique Canada, les programmes d’apprentissage ont enregistré 101 541 nouvelles inscriptions en 2024, une hausse de 5,9 % par rapport à 2023. Ces chiffres, publiés en décembre 2025, concernent toutefois l’ensemble des apprentis : ils ne mesurent pas les attentes propres à la génération Z envers l’automobile. (www150.statcan.gc.ca)
Il faut aussi éviter de promettre une carrière sans obstacles. Guichet-Emplois indique un risque modéré de pénurie à l’échelle canadienne pour la période 2024-2033, dans le groupe professionnel réunissant les mécaniciens et réparateurs de véhicules automobiles, de camions et d’autobus. Une perspective nationale n’est cependant pas une garantie d’embauche dans chaque atelier. (qc.guichetemplois.gc.ca)
La bonne promesse est plus précise : voici le poste, les conditions, les compétences à acquérir et l’accompagnement prévu.
Rendre la rémunération vraiment lisible
« Salaire concurrentiel » ne permet pas de préparer un budget. Avant de publier une offre sur Canada Motor Jobs, un employeur devrait pouvoir expliquer le taux prévu, les heures garanties, les avantages et les conditions d’augmentation.
Comme repères officiels, Guichet-Emplois affiche une rémunération horaire médiane de 29,89 $ au Canada et de 28,00 $ au Québec pour ce groupe professionnel. Ces données portent sur 2023-2024 et ont été mises à jour le 19 novembre 2025. Elles ne constituent pas une grille salariale de débutant ni une promesse de revenu pour un apprenti. (qc.guichetemplois.gc.ca)
L’annonce devrait ensuite décrire le fonctionnement réel de la paie. S’agit-il d’un taux horaire ou d’une rémunération au rendement? Comment le temps de formation est-il rémunéré? Qui assume l’achat des outils? Que se passe-t-il lorsque le travail manque?
Pour un premier emploi, ces réponses méritent autant de place que le montant affiché. Présentez aussi les étapes de progression : compétences attendues, moment de l’évaluation et critères d’accès au prochain échelon. Évitez de laisser toute la discussion à une vague révision « plus tard ».
Montrer un métier technique, sans embellir le quotidien
L’automobile offre des sujets concrets pour parler de technologie. La norme professionnelle 2023 du Sceau rouge en mécanique automobile comprend notamment le diagnostic des véhicules hybrides et électriques, les systèmes électroniques et les systèmes avancés d’aide à la conduite. Elle reconnaît également des possibilités d’avancement, dont la supervision d’atelier et la gestion de service, avec l’expérience et une formation supplémentaire. (red-seal.ca)
Plutôt que de qualifier un atelier de « haute technologie », montrez une démarche : rechercher une information technique, interpréter une mesure, comparer des hypothèses et vérifier une réparation. Une courte démonstration commentée peut servir de point de départ à une discussion sur les aptitudes nécessaires.
Il faut néanmoins présenter aussi les tâches répétitives et les exigences physiques, sans les effacer derrière les véhicules électriques. L’objectif n’est pas de vendre un métier différent de celui qui attend la recrue.
Même prudence concernant l’environnement : expliquez les travaux réellement effectués et la formation accessible, plutôt que d’attribuer une mission écologique uniforme à tous les postes.
Construire une passerelle entre l’école et l’atelier
Une invitation à découvrir le travail peut être plus utile qu’un discours général sur la passion automobile. Les employeurs gagneraient à proposer aux écoles secondaires et aux centres de formation une visite structurée : présentation des métiers, échange avec une recrue et explication du parcours d’entrée.
Au Québec, le Centre intégré de mécanique industrielle de la Chaudière présente, pour la rentrée 2026, un DEP en mécanique automobile de 1 800 heures. Voilà un exemple de renseignement concret à intégrer à une activité d’orientation, plutôt que de laisser les jeunes reconstruire seuls le chemin vers le métier. (cimic.cssbe.gouv.qc.ca)
Le financement mérite également une conversation. Dans sa page mise à jour le 2 juin 2026, le gouvernement du Canada indique que le Prêt canadien aux apprentis peut atteindre 4 000 $ par période de formation technique, sous réserve d’admissibilité. Le programme n’est pas offert au Québec, où une mesure de soutien différente est disponible. Il faut donc vérifier les possibilités selon la province et le parcours. (canada.ca)
L’entreprise peut, de son côté, préciser ce qu’elle est prête à soutenir : prêt d’outils, formation payée ou accompagnement administratif. Chaque engagement devrait être confirmé avant l’embauche.
Enfin, testez le parcours de candidature sur un téléphone. Pour une annonce diffusée sur Canada Motor Jobs comme ailleurs, privilégiez des consignes simples et annoncez les prochaines étapes du recrutement.
Faire de l’accueil une preuve, pas un slogan
Le recrutement ne s’arrête pas à la signature. Le guide du Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail, publié en février 2026, présente notamment la reconnaissance des dangers, les mesures de protection et les personnes à contacter pour obtenir de l’aide. Il vise entre autres les jeunes travailleurs de moins de 25 ans. (cchst.ca)
Dans un atelier, prévoyez donc un accueil organisé : personne responsable identifiée, consignes expliquées, équipements présentés et vérification de la compréhension avant d’accroître l’autonomie.
Le mentorat doit aussi avoir une place dans l’horaire. Désigner un technicien expérimenté sans lui accorder de temps pour accompagner un apprenti revient à lui confier une responsabilité difficile à remplir. Prévoyez des moments pour observer, expliquer et reprendre une tâche.
L’inclusion, elle, doit se traduire dans les comportements. Présentez clairement les attentes de respect, les moyens de signaler un problème et les possibilités d’apprentissage. Ne présumez pas de l’aptitude d’une personne selon son genre ou son parcours.
Un entretien après quelques semaines peut enfin ouvrir une discussion simple : qu’est-ce qui était conforme à l’annonce, et qu’est-ce qui ne l’était pas?
FAQ
Quel salaire faut-il afficher pour attirer un débutant?
Affichez la fourchette réellement prévue pour le poste, puis expliquez les heures garanties et la progression. Ne transformez pas une médiane professionnelle en salaire d’entrée. Précisez aussi les dépenses que la recrue devra assumer.
Faut-il recruter uniquement des passionnés d’automobile?
Mieux vaut élargir la recherche. Explorez la curiosité technique, le raisonnement, la précision et l’envie d’apprendre. Proposez une découverte encadrée du métier plutôt que d’exiger une passion déjà construite.
Les réseaux sociaux doivent-ils être prioritaires?
Ils peuvent faire partie de la démarche, mais commencez par clarifier l’offre. Une publication devrait mener vers une description précise du poste et une candidature simple, pas seulement vers une vidéo attrayante.
Que peut faire un petit atelier sans gros budget?
Commencez par une annonce transparente, un partenariat scolaire et une personne-ressource disponible. Un calendrier d’apprentissage réaliste vaut mieux qu’une longue liste de formations que l’entreprise ne pourra pas offrir.
Comment savoir si la stratégie fonctionne?
Suivez les candidatures pertinentes, les entrevues, les embauches et la présence en poste après trois ou six mois. Demandez aussi aux recrues ce qui les a convaincues et aux personnes qui partent ce qui leur a manqué.
Conclusion — Pour les employeurs qui recrutent avec Canada Motor Jobs, attirer la génération Z devrait commencer par une offre compréhensible et vérifiable. Salaire expliqué, apprentissage organisé, respect au quotidien : mieux vaut quelques engagements tenus qu’une campagne brillante. La question décisive reste simple : pourquoi une jeune personne choisirait-elle cet atelier, et qu’y trouverait-elle pour continuer à progresser?

